mardi 13 novembre 2012

Eglise évangélique réformée vaudoise: l'apostasie dénoncée



Nous avions rapporté le fait que le dernier synode de l'EERV a été l'occasion d'une scandaleuse apostasie.

Dieu soit loué, cependant, nous apprenons que le scandale a été massivement dénoncé par des fidèles.



Un pasteur à la retraite, Philippe Decorvet, de Corseaux, a décidé de se «désolidariser totalement» de cette décision et a démissionné de «l’institution cantonale EERV». Il estime que l’Eglise protestante a «abandonné un des fondements essentiels de la Réforme», à savoir la fidélité aux textes, principe connu sous l’expression de Sola Scriptura.

Que faire? Prier, et agir! Si les Chrétiens qui ont été trahis par ce synode le veulent bien, nous ne pouvons que solliciter leur bonne volonté pour reformer au plus vite une Eglise fidèle à la Parole de Dieu, dans sa compréhension traditionnelle, savoir: celle des Synodes oecuméniques de Nicée, Constantinople I, Éphèse,  Chalcédoine, Constantinople II et III et Augsbourg, dont la pleine reconnaissance a été réalisée avec la Concorde de Wittenberg.

Il est à noter que, suite au précédent qu'a constitué le double usage, à Strasbourg, jusqu'en 1560, de la Confession d'Augsbourg et de la Confession Tétrapolitaine, il ne serait pas interdit qu'une telle Eglise fasse usage parallèle ou complémentaire d'un autre texte, local, plus spécifique de son identité (pourvu que ledit Symbole n'exprime pas de particularismes contraires aux Symboles oecuméniques précités).
[D'une manière analogue, on a aussi eu en Occident des formules locales (Symbole des Apôtres ou Symbole d'Athanase) en usage d'appoint à celui, seul universel, de Nicée-Constantinople].

Les circonstances nous donnent en effet raison sur le fait que, face au libéralisme qui porte les mêmes fruits dans toutes les dénominations --jusqu'à permettre un unionisme dans l'apostasie--, ce socle commun de la foi chrétienne devrait être solidement reconnu, par tous les confessants, unis dans une même forme, au lieu de persévérer dans un émiettement  des dénominations orthodoxes, de plus en plus illisible pour le monde.
Que les Protestants du monde entier "sanctuarisent" ainsi, pour leur part, cet héritage, nous semble donc la chose la plus sage à faire et le meilleur moyen de fermer la porte à toutes les prétentions de "nouvelles lectures", présentées "différentes mais légitimes" de la Parole de Dieu.

MISE A JOUR: 15/11/2012

L'opposition ne cesse de se faire sentir, d'après les dernières nouvelles: ICI.
Les responsables du scandale semblent simplement penser que le temps aura raison du Saint Esprit; énorme aveuglement. Prions donc le Seigneur notre Dieu de guider son reste fidèle et de soutenir Sa Sainte Eglise!

Amen



Bucer

3 commentaires:

Domus a dit…


Cette communauté ecclésiale basée sur le « socle commun » que vous appelez de vos vœux et à laquelle j'adhérerais volontiers n'est-elle pas un vœux pieux compte tenu des particularismes auxquels chacun semble tenir par dessus tout ? Cette « sanctuarisation » peut-elle être professée autrement qu'à titre personnel? En l'état actuel des états d'esprit, je ne vois, hélas, que des initiatives individuelles pour s'inscrire dans cette perspective qui serait pourtant authentiquement protestante au meilleur sens du terme, donc évangélique. Il y a un début à tout, alors comme vous encouragez à le faire, prions.
Cela dit, le libéralisme destructeur et apostat a encore malheureusement de beaux jours devant lui comme en témoigne la situation de cette église suisse. En effet, ce sont les personnes « fréquentables » (vous voyez de qui je tiens ce vocable) qui vont devoir quitter l'institution ou cesser de la soutenir et non l'institution qui va se repentir.

Blog Confessant a dit…

Hélas, oui, pour autant que j'ai pu en faire l'expérience, beaucoup aiment leurs petits "découpages" confessionnels et s'accommodent comme ils peuvent de leurs contradictions.
On dirait qu'il est convenu pour tout le monde que, depuis le XVIe siècle, l'Eglise ne peut pas avoir la cohérence qu'elle a eu avant (dans une reconnaissance commune de conciles, de références, etc.): on s'attache, chacun de son côté, à des textes uniquement locaux, on admet vaguement d'autres références (mais jusqu'où?) et, dans ce manque de rigueur et de force, d'autres opinions réclament leur part de légitimité...
Mais je pense vraiment qu'il ne sera pas viable de faire des petits morceaux d'Eglises protégeant leur héritage confessionnel particulier, à la fois face aux autres orthodoxies et face au front commun des libéraux.
Alors, tôt ou tard, il faudra bien que les restes fidèles prennent conscience de n'être qu'un reste fidèle et qu'ils admettent le socle commun, rédigé-lu-et-approuvé par les anciens (comme ça, y'aura pas trop de polémique et aucune accusation d'une entente artificielle au rabais ^^).
D'ailleurs (cela me fait penser à l'évangélisation de la Chine dont il a été question dans un autre billet), plutôt que d'exporter l'émiettement dans les terres d'évangélisation, je crois que ce serait une très bonne chose d'aller parler et témoigner à ces peuples d'une seule voix (évangélique, car je ne me fais pas d'illusion pour une entente avec Rome)plutôt que d'annoncer l'évangile en même temps que les raisons de schismes tragi-comiques.

Domus a dit…

Merci pour votre commentaire à mon commentaire ! Je partage en tous points votre analyse de la situation. Aussi, faute de pouvoir dresser (comme aurait dit Pierre Courthial) une église basée sur ce socle commun, il reste ces initiatives personnelles qui peuvent ici ou là, comme vous le faites vous-même avec talent dans ce blog, exprimer une orientation salutaire et c'est déjà beaucoup. J'espère donc que vous rencontrez un écho favorable dans cette démarche à laquelle, personnellement, je m'associe d'autant plus volontiers que votre position toute « wittenbergeoise » correspond à ce que j'ai toujours pensé et souhaité.